L'espèce emblématique de La Seudre a longtemps été l'anguille. Très présente jusque que dans les années 1980, elle représentait une grosse part de la biomasse du fleuve et était l'espèce favorite des pêcheurs.

La civelle, appelé "Pibale" localement, remonte depuis toujours notre estuaire pour coloniser l'ensemble du bassin.

L'impact de l'homme sur notre territoire lui a été fatale : transformation de l'agriculture traditionnelle vers une monoculture irriguée de céréales, équipement d'ouvrages à clapets sur le linéaire de La Seudre, surexploitation des alevins par les pêcheurs professionnels dans l'estuaire.

Le constat au début des années 2000 est catastrophique : plus de 99% du stock initial a disparu. Des mesures sont prises au niveau Européen, déclinées en plans d'actions nationales. La France a choisi plusieurs actions, qui ont le mérite d'exister, mais qui nous interrogent. Sur notre bassin, comme dans le reste de la France, des mesures de restrictions sur la pêche ont été mises en place. Nous, pêcheurs à la ligne, ne pouvons plus pêcher l'anguille du mois d'octobre au mois de juin et devons avoir en notre possession un carnet anguilles (que personne ne nous redemande en fin d'année!). Pendant ce temps, les pêcheurs professionnels prélèvent plus de 70% des civelles qui arrivent dans l'estuaire.

Dans ce contexte, la ville de Saujon, conseillée par son responsable des services techniques, met en place en 2009 une passe à civelles sur le premier obstacle à la mer, le barrage de Ribérou. Cet ouvrage, complètement infranchissable une bonne partie de l'année, se trouve aujourd'hui équipé d'un système de pentes permettant la remontée des civelles sur la première partie douce de La Seudre. Cependant, il nous faudra encore beaucoup de persuasion pour que les différents ouvrages bloquants en amont soit équipés et permettent à l'anguille de coloniser les secteurs amonts.

Ces passes sont encore rares sur la côte atlantique. C'est donc l'occasion d'une étude scientifique poussée pour étudier l'efficacité du système, de comptabiliser le nombre de civelles qui l'empruntent, de vérifier le bon état sanitaire des sujets. Des stagiaires en études scientifiques font ainsi leur thèse de fin d'étude à Saujon, encadrés par la fédération et en collaboration avec les bénévoles de la maison de la pêche.

Vous trouverez plus loin des résultats détaillés, mais aujourd'hui, l'espoir de revoir des anguilles en nombre sur La Seudre est bien réel.

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